Pascal Quignard, biographie

Écrivain
Collaboration artistique : L'Anoure (1995)
D'après la nouvelle originale intitulée La Voix perdue


« Ces dernières années, la danse a fait sa libération. Elle a voulu exister seule sans le soutien d’une histoire ni même d’une musique. Aujourd’hui, elle en sort fortifiée, et il m’a semblé intéressant de la confronter à nouveau à un livret. (…) Il (Pascal Quignard) ne savait rien de la danse et m’a demandé de lui en parler. Je lui ai expliqué qu’à mes yeux, les danseurs sont des anges qui auraient fait vœu de mutisme. Un danseur ne joue pas. Il n’a rien à voir avec le théâtre. Il entre en scène, se tait mais par ses mouvements exprime quelque chose qui va bien au-delà des mots, quelque chose d’une profondeur extrême. (…) Le résultat dépasse toutes mes espérances. J’ai l’impression d’être devant une forme nouvelle de spectacle où le texte et la danse coexistent à égalité sans que l’une illustre l’autre. »
Propos d’Angelin Preljocaj dans Le Figaroscope, 01/11/1995



Pascal Quignard naît le 23 avril 1948 à Verneuil-sur-Avre (Eure) dans une famille de grammairiens et d’organistes. Son père est proviseur, sa mère principal de collège. Il grandit au Havre. A l’âge de 18 mois, il passe par des périodes d’«autisme», lesquelles se renouvellent lorsqu’il a 16 ans. Plus tard, il déclare à ce propos : «Ce silence, c’est sans doute ce qui m’a décidé à écrire, à faire cette transaction : être dans le langage en me taisant». Son enfance est difficile la plupart du temps. Il connaît notamment l’anorexie. Ses intérêts le portent vers les langues et littératures anciennes ainsi que la musique. Il s'essaie au piano, à l'orgue, au violoncelle, au violon et à l'alto.

Il commence en 1966 des études de philosophie à Nanterre où il est condisciple de Cohn-Bendit. Parmi ses professeurs : Emmanuel Levinas et Paul Ricœur. Mais il considère qu’en Mai 68, la pensée a «vêtu un uniforme qui ne [lui] convient plus» et il s’éloigne de la philosophie. C’est dans ce contexte qu’il travaille à son premier livre.

Le Mercure de France publie son premier essai, consacré à Sacher Masoch : L’être du balbutiement. Il devient parallèlement lecteur dans cette maison et chez Gallimard. Il entre alors en 1976 au comité de lecture des éditions Gallimard.
En 1980, on lui décerne pour son roman Carus, "le prix des Critiques."
Pascal Quignard se lance en 1984 dans un roman intitulé Les tablettes de buis d’Apronenia Avitia.
Il continue sa carrière dans la maison Gallimard et devient alors en 1988 secrétaire général pour le développement éditorial.

De 1981 à 1990, les huit volumes de Petits traités marquent son penchant pour le fragment et la méditation érudite.

Il signe en 1991 Tous les matins du monde. Le roman donnera lieu à une adaptation cinématographique, très proche du texte, réalisée par Alain Corneau. Via son œuvre, Pascal Quignard réussit le prodige de faire de Marin Marais et de Sainte-Colombe des «best-sellers» du disque – pour un temps du moins.

De 1990 à 1994, Pascal Quignard est président du Festival international d’opéra et de théâtre baroque au château de Versailles, qu’il a créé sous la houlette de François Mitterrand. Il préside également le concert des Nations aux côtés de Jordi Savall entre 1990 et 1993.

En 1994, Pascal Quignard renonce brutalement à toute position dans l’édition et décide de ne plus publier chez Gallimard. Il déclare « Je suis plus heureux d’être libre et solitaire ». Il se consacre à l’écriture, à l’exclusion de toute autre activité.

En 1995, le chorégraphe Angelin Preljocaj crée l'Anoure, conte merveilleux, d'après le livret de Pascal Quignard intitulé La voix perdue
Alain Corneau adapte une nouvelle fois en 1995 un roman de Pascal Quignard, L’occupation américaine.

Pascal Quignard est hospitalisé d’urgence en 1997 et confie qu’il a alors eu «l’impression de mourir». A la suite de cette expérience, il abandonne un traité et un long roman qui étaient en cours pour écrire Vie secrète, un livre qui se démarque nettement des formes classiques de la littérature. Il évoque à ce propos le «besoin de donner une sensation de pensée plus émouvante que la seule démonstration intellectuelle».

Son roman Terrasse à Rome obtient en 2000 "le grand prix du roman" de l’Académie française.

Pascal Quignard publie en 2002 une trilogie intitulée Dernier royaume. Les ombres errantes, premier volet de cette trilogie pour lequel il reçoit le prix Goncourt.

En 2004, avec son roman Sur le jadis et Abîmes, il poursuit le travail commencé avec Ombres Errantes (Ed. Grasset)
En 2006, il publie son dernier roman Villa Amalia ( Ed. gallimard )